"les sociétés songhay-zarma-édition Kharthala/1984P.de 20 a 26).
En effet, d'après ce dernier,de l'empire Songhay(1464-1591) jusqu'au 19è siècle,la plupart des groupes actuels,Y compris
l'aristocratie, sont venus tardivement s'installer dans l'Ouest nigérien.il y'a guère que dans le Zarmaganda ou l'on puisse repérer un peuplement ancien,(les Cii et Daakaalance),et trouver a la
rigueur trace d'un système lignaner.
Partout ailleurs le Pays(rive gourma, fleuve, rive hawsa).autrefois occupé par des Koromba,des Gourmantchés,des Mossi,des
bariba qui l'ont abandonné il ya 2 ou 3 siècles a l'exception des Gourmantchés absorbés ultérieurement,a été peuplé par des strates d'immigrants plus ou moins anciens et hétéroclites,entre le 16è
et le 19è siècle,qui soit se sont agglomérés autour des noyaux venus du Nord-ouest( pays zarma), soit ont été coiffés par les débris de l'aristocratie songhay fuyant les marocains( rive gourma)
ou par la rive hawsa:
le fond du peuplement après le départ vers l'Ouest des Koromba est constitué de Kaado Bi, a partir de groupes Gourmantchés
et de tributaires songhay venus avec l'aristocratie des Sonni fuyant le Nord du songhay et Gao après l'avènement de la dynastie des Askia.les descendants de cette aristocratie constituent le
groupe des magiciens Sohance"gens du songhay" particulierement concentrés a Wanzarbé(et que l'on retrouve également sur la rive-Anzourou- et le long du fleuve). la majorité des Gourmantchés
aurait quitté le pays progressivement après cette première vague de migrations,ainsi que lors de la venue d'une seconde vagues, qui coincide avec la poussée marocaine au 17è siècle;a cette époque
en effet, l'aristocratie des Askia et ses dépendants ont fuit a leur tour vers le sud,pour édifier les chefferies villag
Le fleuve Niger:
Au nord( actuel Mali) ce sont les zarma, descendants des marocains,qui se constituèrent peu a peu, avec la décadence du
Songhay des pachas, en aristocratie villageoise,dominant tributaires songhays et groupes assimilés,souvent d'origine peule. l'aristocratie des descendants d'Askia trouva refuge plus bas vers le
sud, ainsi que dans l'anzourou, dans les même conditions que sur la rive gourma,soit en chassant les gourmantchés,soit en occupant les régions ou îles inhabitées,soit en se superposant a des
groupes qui les y avaient précédés.la pression touareg incita a son tour des ensembles entiers a migrer collectivement le long du fleuve( Wogo,Kurtey),et ce jusqu'aux années qui précédèrent la
colonisation.
encore plus au sud, on trouvait a côté de l'enclave peule de Say,des chefferies zarma venues de l'est,et dont l'histoire se
confond avec celle de la rive hawsa et son arrière pays(zarmaganda et zarmatarey).
le zarmaganda et le zarmatarey:
"Berceau du peuple zarma",en ce que les traditions de l'aristocratie zarma y prennent leurs racines,le zarmaganda est
d'abord la région ou l'on trouve le plus de traces de peuplement autochtone lointain,malgré les invasions et les pillages constants dont cette population semble avoir été victime depuis le 18è
siècle.
C'est la que l'on voit le mieux en quoi le terme zarma recouvre en fait une mosaique de groupes divers,aux trajectoires
confuses voire inextricables. Bien que,au-delà de variantes dialectales,le zarma soit proche des autres parlers songhay,bien que de Hombori et Gao a Dosso,une même culture,une même
civilisation se déploie, quelles qu'en soient les spécificités locales ou régionales,l'histoire des peuples zarma semble n'avoir guère de lien avec celle de leurs cousins songhay ni de réelle
filiation avec l'empire songhay,et c'est a leur sujet que les hypothèses les plus audacieuses peuvent se donner libre cours san crainte d'être démenties.si l'on peut repérer avec plus de
certitude les groupes étrangers venus se fondre tardivement dans l'ensemble hétéroclite zarma,le doute reste grand quant aux composantes originelles,et l'on se rabat de ce fait trop facilement
sur la seule piste"solide",celle qui suit les trajets et scission de l'aristocratie zarma,les descendants de Tagguru,l'ancêtre historique,et de Maali Béro,l'ancêtre mythique venu dit-on du
Mali.
la nombreuse descendance du Tagguru partie du zarmaganda,s'est en effet disséminée a travers tout le zarmatarey( pays zarma
du sud),du fleuve au Dallol Maouri, dans un vaste mouvement de colonisation progressive et de fondation de chefferies villageoises, ou elle s'est mêlée,confrontée,et juxt
Histoire du Dendi:
Plus bas le long du fleuve, a partir de Gaya et au nord de l'actuel Bénin,on retrouve l'aristocratie des descendants
d'Askia,venus vers le 17è ou le 18è siècle se superposer a des populations hawsaphones et s'arrêter a la frontière du monde bariba.
Mais un tel panorama n'a pas de sens par lui-même car il laisse de côté les autres peuples qui sont intervenus tant dans
l'histoire que dans le mode de vie songhay-zarma.Par simple commodité il est fait ci-dessous une énumération:
Les touaregs:
Fort ancienne au nord de la boucle,la présence touareg s'est faite sentir plus tardivement a mesure que l'on descend vers
le sud. ce sont le 18è et surtout le 19è siècles qui ont vu s'accentuer la pression nomades au sud de Gao,sur les rives gourma et hawsa,sous la forme de recherche de nouveaux terrains de parcours
et parfois a travers une certaine sédentarisation en particulier dans le Tagaza.Mais l'importance du phénomène fut surtout politique.Avant l'arrivée des Français les Touareg étaient en fait
les"maîtres"de la quasi-totalité du pays songhay et d'une bonne partie du pays zarma. (Zarmaganda et Tondikandjé).Il ne s'agissait ni d'empire ni d'un Etat,les touaregs n'intervenaient pas dans
la vie politique et sociale des villages songhay-zarma;mais leurs hégémonie n'en était pas moins complète,qu'elle ait pris la forme d'un assujettissement tributaire permanent ou celle de pillages
récurrents,celle de la paix,de l'alliance,du protectorat,ou celle de la guerre,du raid,de la razzia.Par ailleurs les Touaregs étaient également des vecteurs de L'islam mais a un moindre titre que
les Peuls.
les Peuls:
Là encore,c'est plutôt au 19è siècle,dans la mouvance du grand mouvement poullo-islamique inauguré par Ousmane Dan
Fodio,que le poids des peuls s'est fait sentir au niveau politique,essentiellement dans le sud du pays Songhay-zarma,là ou les touaregs ne s'aventuraient guère.Bien sûr les émirats peuls
encadraient l'enssemble de la zone,Macina,Djelgoji,Liptako,Sokoto;ils tennaient de ce fait les régions immédiatement limitrophes sous leur suzeraineté,et lançaient les expéditions plus au loin.
Mais en pays songhay-zarma proprement dit,leur présence s'est surtout manifesté sous la forme d'une double tête de pont,avec d'un côté la cité religieuse de say,de l'autre côté les
bergers-guerriers du bas Dallol.
Say,fondée par le célèbre peul Alfa Mahaman Diobo,adossées aux chefferies peules de Ouro-Guéladjo et Torodi,a été,au 19è
siècle,le principal centre d'islamisation du Niger Occidental. la réputation d'Alfa Mahaman Diobo s'étendait dans tout le pays songhay-zarma,de Téra au Zarmaganda,d'Ayorou à Dosso; les marabouts
qu'il avait formé,peuls,zarma,songhay,touaregs,sillonnaient la région; c'était de préférence à lui qu'on avait recours pour l'intronisation des nouveaux chefs;son arbitrage politique était
souvent sollicité; les tributs,hommages,dîmes et dons affluaient à say.Mais cette bourgade ne s'est jamais départie de sa fonction"spirituelle",et ses chefs ne se sont jamais aventurés eux-mêmes
dans des expéditions militaires ou la recherche d'une autorité politique effective.